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4 RAISONS POUR LESQUELLES VOUS AIMEREZ LIRE P. MODIANO

Je viens de terminer « Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier« , le dernier roman de Patrick Modiano, nommé prix Nobel de Littérature en 2014. Autant vous l’annoncer tout de suite : je n’ai pas accroché à l’univers de l’auteur. J’ai certes été séduite par sa plume, un style classique et impeccablement maîtrisé, mais l’histoire m’a laissée de marbre et m’a même profondément ennuyée.

Le roman met en scène un personnage principal, Jean Daragane, romancier solitaire et vieillissant. Il reçoit un jour un coup de téléphone d’un dénommé Gilles Ottolini, qui affirme avoir trouvé par hasard un carnet d’adresses lui appartenant. Jean Daragane accepte de rencontrer l’homme pour récupérer son bien, mais ce dernier ne vient pas seul : une femme mystérieuse l’accompagne. Le couple questionne Daragane au sujet d’un certain Guy Torstel, dont le nom figure dans le carnet. Ce nom n’évoque rien au romancier, qui commence à se sentir mal à l’aise face à cette étrange insistance. Il accepte néanmoins de fouiller sa mémoire à la recherche de ce fameux personnage et va devoir faire face à des souvenirs bien enfouis.
Je n’étais pas familière avec l’auteur avant de lire ce roman, et en faisant quelques recherches j’ai réalisé que tous ses ouvrages présentaient une histoire similaire : un personnage à l’enfance floue, en quête de son passé et de son identité.

Je n’ai pas réussi à me plonger dans l’univers de Patrick Modiano. Je me suis trouvée perdue à plusieurs reprises, ne sachant plus à quelle époque se déroulait la scène que j’étais en train de lire. Les personnages s’entremêlent, les souvenirs aussi. L’auteur crée une confusion voulue, semblable à celle que l’on peut ressentir lorsqu’on essaye de se remémorer des événements lointains. J’ai trouvé l’histoire longue et ennuyeuse : on attend impatiemment qu’il se passe quelque chose, et quand enfin l’intrigue semble se dénouer… le roman prend abruptement fin.

Zoom sur l'univers particulier de Patrick Modiano.

Néanmoins, même si l’univers de Modiano ne m’a pas séduite, il pourra peut-être vous plaire si vous remplissez un ou plusieurs des critères suivants.

1 – Vous lisez pour apprécier un style d’écriture, pas une histoire

C’est indéniable, Modiano possède une très belle plume, avec un style classique mais parfaitement maîtrisé. Il sait ce qu’il veut faire de son roman et de son lecteur – malheureusement pour le pauvre lecteur.
Si vous êtes passionné(e) de littérature, si vous lisez surtout dans le but d’apprécier le travail d’écriture d’un auteur, vous vous régalerez sûrement avec Modiano.

2 – Vous aimez les histoires narratives alambiquées

« Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier » comprend peu de dialogues, mais beaucoup de narration descriptive. Il se passe très peu de choses dans ce roman, mais le personnage principal déambule dans le dédale de sa mémoire et essaye de nous semer au passage. C’est poétique et presque « gracieux ».

3 – Vous n’aimez pas les rebondissements à suspense ou les fins « à chute »

Tout au long du roman, Modiano met plusieurs énigmes en place, mais ne les résout jamais : attendez-vous à rester sur votre faim. Le livre se termine abruptement, on ignore ce qu’il advient des personnages présents dans l’histoire.
Pour moi qui raffole de suspense, de mystère, de retournements de situation et de fins avec chute, ce fut une grosse déception.

4 – Les narrations avec différents espaces temps mal définis ne vous font pas peur

Tout au long du roman, on passe d’une époque à une autre et on finit par se perdre dans les couloirs du temps. Sommes-nous à l’époque actuelle ? Plongés vingt ans en arrière ? Est-ce un souvenir d’enfance du personnage ? Durant certains chapitres, c’est assez difficile à dire et il faut rester concentré sur le roman pour ne pas en perdre le fil. J’aime bien laisser mon esprit vagabonder quand je lis – en particulier quand l’histoire s’avère ennuyeuse… – et j’ai dû retourner en arrière à plusieurs reprises pour retrouver le fil du roman.

Si je devais résumer cette œuvre en une phrase, je dirais qu’elle est très bien réalisée techniquement parlant, mais l’histoire a manqué cruellement d’intérêt à mes yeux.

Avez-vous lu « Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier » ? Je serais très curieuse de connaître votre ressenti sur ce roman ou sur une autre œuvre de Patrick Modiano.

Avis sur "Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier" de Patrick Modiano.

il y a 8 commentaires

    1. Tu n’as pas loupé grand chose… 😉 Ça fait plus d’un an que je possède le bouquin et j’ai dû recommencer les 30 premières pages à plusieurs reprises car je laissais tomber puis j’oubliais.

  1. Je n’ai jamais rien lu de Modiano, et à vrai dire ce n’est pas un écrivain qui m’attire particulièrement. Au vu de ta critique, je ne suis pas sûre d’accrocher à son univers non plus, mais comme je cherche en ce moment des romans « bien écrits » d’auteurs francophones pour m’aider à préparer un concours, cela peut être le moment ou jamais d’essayer !

  2. Bonjour Charlotte, je me méfie des « romans à prix » , ton post confirme mes à priori :). Je fais un exception pour les thrillers et le sromans policiers où je ne suis jamais déçu en règle générale. SI tu veux je peux te conseiller un livre que je suis en train de lire et qui est passionnant: « L’homme nu: la dictature invisible du numérique » de Marc Dugain et Christophe Labbé. Le livre se lit vite, il faut aimer le sujet mais c’est très intéressant. Voici un lien vers le site babélio pour la critique: http://www.babelio.com/livres/Dugain-Lhomme-nu-La-dictature-invisible-du-numerique/839965.
    J’aime beaucoup cette rubrique lecture!

    1. Oui, et c’est souvent le même topo avec les films primés… 😉
      Merci beaucoup pour la recommandation ! Ce type de sujet me passionne donc je vais vraiment essayer de trouver ce livre (probablement lors de mon prochain passage en France). Ça intéressera aussi beaucoup mon conjoint je pense ! 🙂

  3. Hello ! Je l’ai lu, il est dans ma bibliothèque mais je n’en ai aucun souvenir ! Mauvais signe, non ? 😀 Ma sœur adore cet auteur, elle, il faudrait que j’en parle avec elle.

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