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Pourquoi et comment j'ai adopté la slow life.

POURQUOI ET COMMENT J’AI ADOPTÉ LA « SLOW LIFE »

« Je n’ai pas choisi la slow life, la slow life m’a choisie » – clin d’œil à ceux qui saisiront la référence. Je n’aurais pas pu trouver entrée en matière plus juste : quand on vit sur une petite île de 67km², un nouveau rythme de vie s’impose très vite. Mais si je commençais tout d’abord par vous expliquer ce qu’est la « slow life » ?

La « slow life » – ou « vie lente », ce qui sonne tout de suite moins bien – est un art de vivre qui a la côte en ce moment. Une sorte de retour aux véritables valeurs, une envie de ralentir le rythme et de se recentrer sur des choses essentielles et positives : un train-train quotidien moins effréné, des déplacements limités, pas de surconsommation et un goût prononcé pour le fait-maison.

Pourquoi ça me parle ?

Car je suis fatiguée de trop consommer. À une époque, ça me semblait important de posséder plus de trente paires de chaussures (dont je ne portais pas la moitié, comme vous pouvez vous en douter). Maintenant, je n’en vois plus l’utilité, et je préfère privilégier la qualité à la quantité.

Car je n’ai plus confiance en l’agriculture classique et en l’industrie agro-alimentaire. Certes, je ne suis pas encore partie élever des chèvres dans le Larzac, et n’étant pas un robot sans émotions j’achète toujours mon pot de Nutella hebdomadaire (oui, hebdomadaire, chacun ses faiblesses). Mais j’ai envie de faire entrer le minimum de produits industriels néfastes dans mon quotidien.

Car je manque d’accès à beaucoup de choses à Gozo, que ce soit au niveau vestimentaire, cosmétique, ménager ou même alimentaire. Mais j’ai vite appris à m’en passer. C’est quand même un peu frustrant, je vous l’accorde. J’aime me faire des petits cadeaux de temps en temps et je prends plaisir à m’habiller, alors parfois j’aimerais bien me laisser tenter par une journée shopping dans de grandes enseignes internationales super tendances. Mais comme c’est impossible, je fais sans… tout simplement !

Car j’ai développé un goût prononcé pour le fait-maison depuis longtemps. J’adore préparer de bons petits plats avec des produits frais et avec amour ! Je me concocte des cosmétiques maison très économiques depuis que je suis ado. Et petit à petit, je commence aussi à faire mes propres produits ménagers. Je vous en reparlerai bientôt dans un article dédié.

Car mon rêve, ça serait de posséder un jour une ferme maraîchère pour y pratiquer la permaculture (une façon de cultiver la terre entièrement naturelle, bien plus que le bio) et vivre de mes fruits et légumes.

Car j’aimerais inculquer toutes ces valeurs à ma fille, et pour cela je dois montrer l’exemple.

Mettre la slow life en pratique au quotidien.

Ces dernières années, Gleb et moi avons fait des choix de vie que certains jugeraient risqués : lui s’est lancé en tant qu’indépendant en montant sa boîte, moi j’ai cessé toute activité professionnelle pour me consacrer au blog et à notre vie de famille. Mais le jeu en valait la chandelle. Nous avons pu nous expatrier où nous le souhaitions, sans avoir à trouver un nouvel emploi sur place. Gleb est libre de choisir ses horaires et d’aménager son emploi du temps. Notre fille a ses deux parents à la maison toute la journée et ne connaitra probablement jamais la crèche.

Bien sûr, ce mode de vie a aussi ses inconvénients : on ne vit qu’avec un seul salaire, et quand on est indépendant, les rentrées d’argent sont rarement fixes. Certains mois peuvent être très confortables, et d’autres moins. Il est indispensable de savoir bien équilibrer son budget. Être à son compte, ça implique aussi de ne pas compter ses heures et de dépasser amplement les 35 heures de travail certaines semaines. Et puis, passer sa journée à la maison peut parfois être un peu pesant, une routine s’installe vite. Il faut être sûr de son couple et être capable de « supporter » son conjoint 24 heures sur 24.

Comment mettre la « slow life » en pratique ?

Nous réalisons que nous sommes très chanceux de mener cette vie là, et nous sommes conscients que vivre ainsi n’est pas à la portée de tout le monde. Mais il est néanmoins possible d’apprivoiser la « slow life », de se l’approprier de façon à l’adapter à son quotidien.

Difficile de ralentir le rythme quand on a un job contraignant. J’en sais quelque chose : à une époque, je cumulais travail à temps plein dans la vente et études en fac d’économie. J’ai également toujours vu mes parents travailler d’arrache-pied, parfois en cumulant deux emplois à la fois. Je sais que souvent, on n’a tout simplement pas d’autre choix.

Mais là où on peut lâcher prise plus facilement, c’est à la maison. En apprenant à se passer du superflu, en arrêtant de consommer juste pour consommer. En prenant plaisir à préparer des petits plats sains, en se concoctant son propre masque pour le visage le dimanche soir. En jardinant, en coupant son téléphone. En apprenant à méditer. En profitant de ses proches et des petits moments de bonheur que chaque jour apporte. Ce sont des petits gestes, mais c’est un pas de plus vers la « slow life ».

La slow life : un nouvel art de vivre.

Je terminerais cet article avec une citation qui a fait écho en moi récemment. Je n’ai pas pensé à la sauvegarder sur le moment et je ne me souviens plus des mots exacts, mais ça donnait quelque chose comme : « la plus grande arnaque de notre société occidentale moderne, c’est d’avoir réussi à nous faire croire qu’il était normal qu’une famille se sépare tôt le matin pour se retrouver tard le soir ». À méditer…

il y a 20 commentaires

  1. C’est un mode de vie qui me parle et ton article est très intéressant, tu as une jolie plume Charlotte ❤
    Bonne soirée, des bisous!
    Leslie

  2. Cet article est très intéressant …. nous arrivons dans deux semaines à Gozo et cet article me permet d’en apprendre encore un peu plus …. mon fiancé travaille également en tant qu’indépendant et je suis aussi à la maison. Même si ce n’est pas toujours facile cela resserre aussi les liens. Il me tarde de découvrir cette île, la culture …. et je n’aurai qu’une chose à ajouter … vivement le prochain article … Marina

    1. Vous êtes donc dans la même situation que nous, c’est rigolo ! Je pense (j’espère) que tu te plairas à Gozo. Fais-moi signe quand tu seras installée, si tu es tentée par un café… Je réponds d’ailleurs à ton dernier e-mail très vite.
      Merci pour ton commentaire ! 🙂

  3. coucou!

    une analyse très juste de ce monde impitoyable dans lequel nous vivons….la slow life est une grande tendance du moment, se recentrer, méditer…consommer bcp moins…..on voit d’ailleurs des magazines qui abondent dans ce sens, notamment j’achète depuis deux mois, un magazine sur le bien-être « happinez » il correspond à mes envies d’ailleurs notamment partir (vivre) ailleurs en asie….
    se ressourcer, cuisiner, sont des valeurs aussi, que l’on oublie trop souvent…et puis il ne faut pas oublier l ultra consommation dans laquelle est soumis notre subconcsient, comme un message subliminal, lorsque l on regarde la télé, dans un magasin en tête de gondôle….alors avec un blog, n’en parlons pas!!!
    maintenant ce mode de vie demande quelque part quelques sacrifices,vivre avec un seul salaire n est pas forcément simple, mais si il n y a pas de tentation…..après une femme doit aussi s’investir dans quelque chose, une activité, car je pense, peut-être à tort ,que se renouveller en tant que femme est aussi important pour son ego……

    1. Je vois souvent passer ces nouveaux magazines sur la toile, mais comme tu t’en doutes je ne risque pas de les trouver à Malte… malheureusement ! 😉
      Oui, c’est très dur de consommer moins dans notre société actuelle. Je suis tout le temps tentée, entre les blogs et les réseaux sociaux… Honnêtement, si je ne vivais pas là où je suis et si j’avais un accès plus facile à tout, je pense que je consommerais beaucoup plus. Le fait de ne pas avoir le choix, ça aide. Et malgré tout, je ne suis pas une ermite robotique et je m’achète toujours des chaussures, des vêtements, du maquillage ou de la déco quand j’en ai envie… juste dans des proportions moindres, et j’essaye d’acheter des choses dont j’ai réellement besoin (par exemple, renouveler mon rouge à lèvres préféré plutôt qu’acheter 15 tubes de couleurs improbables que je ne porterai jamais). Par contre, il faut bien admettre que quand on tient un blog comme le mien, il faut parfois consommer pour produire du contenu : pour faire des revues sur des cosmétiques, présenter des tenues… Mais j’essaye de rester soft et je crois que j’y arrive !
      Oui, je pense aussi que s’investir dans une activité est important, mais c’est parfois dur de trouver le temps de tout faire.

  4. Très bon article ! C’est amusant que tu te tournes vers une vie plus calme à l’occasion d’une expatriation. J’ai fait exactement le contraire. Notre retour de longues années à l’étranger a été l’occasion de changer de mode de vie. Depuis un an, j’ai un grand jardin, nous plantons des fruitiers et j’essaie de cultiver des légumes. C’est la possibilité de travailler à distance qui nous a permis cela. Mais ce n’est pas facile. En tant qu’indépendant, mon mari est obligé de se déplacer à l’étranger. C’est pas très slow !

    1. Tu as un mode de vie que je t’envie ! J’espère vraiment pouvoir me lancer dans la culture de fruits et légumes dans un futur proche. À Gozo c’est difficile : la place est tellement comptée qu’il est rare d’avoir un jardin suffisamment grand pour cultiver beaucoup de choses.

  5. La chance de vivre à Malte ! j’aimerai tellement y aller en vacances… Ton article me parle en tout cas, car j’essaye de me mettre doucement à la Slow (sans jeu de mot xD) c’est vraiment difficile pour moi de ne pas acheter car j’adore les fringues, le maquillage… Mais je prends de plus en plus conscience de l’exploitation, de tout ce que ça engendre alors je freine… On verra si j’y arrive un jour !

    Bisous !

    1. Tu sais, c’est difficile pour moi aussi, surtout quand on tient un blog sur lequel on parle parfois fringues et make up ! Comme je le disais dans un commentaire précédent, le fait d’avoir difficilement accès à beaucoup de choses ici m’aide à moins consommer. Mais je ne suis pas un exemple en la matière : je consomme moins qu’avant, certes, mais je suis loin d’avoir totalement arrêté… 😉

  6. Merci pour cet article qui me parle beaucoup ! Je me reconnais un peu dans ton histoire, nous travaillons depuis chez nous avec mon mari et nous partageons notre quotidien 24h/24h (avec notre chat). Un vrai bonheur ! Une situation qui nous convient parfaitement à tout les deux, mais comme tu le précises, elle ne conviendrait pas forcément à tout le monde. Je change aussi petit à petit mes habitudes à la maison pour préférer du fait maison au maximum !

    L’esprit du Slow life me rappel celui du Hygge, une façon de vivre à laquelle j’adhère complètement ! 🙂

    1. C’est une véritable chance de pouvoir partager ses journées à la maison avec son conjoint ! 🙂
      Oui, j’ai beaucoup entendu parler du Hygge cet hiver (surtout à cause de ce fameux livre que toute la blogosphère a l’air d’avoir reçu pour Noël) mais je ne me suis pas vraiment penchée sur le concept…

  7. Moi aussi je trouve que vous avez une jolie plume, et en effet votre partage d’expérience est intéressent.
    En effet, nous sommes tous en quête de « mieux vivre » pour nous aussi ça passe par ralentir le rythme mais pas facile… ici nous sommes dans l Hexagone, tous les deux actifs moi en temps plein à 45 km de chez moi, et mon mari est plutôt un double actif lol il est (non on ne crie pas tout de suite lol) éleveur laitier…..(pas très en vogue le paysan en ce moment lol).
    Nous vivons donc en campagne et sommes les heureux parents d’un petit loup de 3 ans.
    Et la grande arnaque de cette société c’est en effet de nous faire croire qu’il faut se séparer tôt le matin et se retrouver tard et surtout de trouver super normal ……..J’admire votre grand saut, sans doute parce que je ne le ferai jamais ( tout quitter et changer de vie) car mon double est un passionné qui ne changera pas lol mais j’essaie à mon niveau de retourner aux essentiels de nos racines paysannes …bon sens, fait maison ….et surtout profiter du peu de temps que j’ai en famille et avec notre fils.
    En tous cas tout ce blabla pour vous dire que je viens de découvrir votre blog et que je vais le suivre!!!
    @ bientôt.

    Nathalie

  8. Je me retrouve dans tes mots… J’ai quitté Milan et déménagé à la campagne après deux deuils coup sur coup, j’avais besoin de me rapprocher de la nature et de mon compagnon. Puis notre enfant est arrivé. Et j’ai choisi de me lancer en indépendante. Je trouve encourageant que toujours plus de personnes croient en un autre mode de vie, et internet est un outil fabuleux pour nous mettre en relation et partager. Bonne route à vous trois 🙂

  9. Je me souviens quand tu travaillais à coté de tes études, c’était très courageux et je connais peu d’étudiants capables d’en faire autant !
    J’aimerai pouvoir moi aussi lever le pied de temps en temps pour pouvoir vraiment profiter de certains instants ! Actuellement je ne travaille pas, donc je peux bien plus profiter de mes enfants, mais ça ne sera plus le cas quand je vais de nouveau travailler, et ça m’angoisse ! Me dire que je dois les laisser le matin pour ne les retrouver que le soir, et ne pas profiter au maximum d’eux, ne pas les voir grandir, et louper certaines choses aussi !
    Par moment, j’en ai marre d’avoir une vie organisée, j’aimerai pouvoir faire les choses sans horaires, sans contraintes ! Parce qu’on a qu’une vie !
    Et plus on vieillit, plus on consomme différemment aussi ! Alors oui j’ai beaucoup plus de choses à porter de main que toi, ça aide ! Mais comme tu le sais je suis une grande adepte du fait maison aussi, et je commence à décliner le concept dès que je le peux ! ^^
    Tu as bien raison de vivre comme ça, c’est le meilleur moyen de ne rien regretter et de ne rien louper de ta vie de famille ! Scarlett a de la chance ! ^^
    <3

  10. Ton article est très intéressant (et joliment écrit, comme souligné plus haut). C’est également un mode de vie vers lequel je tends. Je n’ai pas de problème à moins consommer – le shopping n’a jamais été trop mon truc, ça aide 😉 –, mais j’ai du mal à trouver du temps pour le mettre en pratique. Comme tu l’as si bien noté, être indépendant n’est pas toujours facile : on peut certes organiser son emploi du temps comme on veut, mais les semaines sont souvent bien chargées. En tout cas, j’admire votre courage d’avoir radicalement changé de mode de vie. Personnellement, j’aurais du mal à cesser toute activité professionnelle, car perdre mon indépendance financière me ferait peur (et puis, j’aime vraiment mon travail – ce qui est une chance, j’en conviens). Mais je crois que le jour où j’aurais des enfants, j’aimerais pouvoir me consacrer pleinement à eux pendant quelque temps. C’est une chance pour Scarlett de pouvoir profiter de ses deux parents comme ça ! 🙂

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