Avantages des enfants expatriés

ÉLOGE AUX ENFANTS EXPATRIÉS

1 Partages
0
1
0
0
0

Peut-être que vous vivez à l’étranger et que vous envisagez de fonder une famille ? Ou alors, vous avez déjà des enfants, mais l’expatriation vous fait de l’œil. Dans tous les cas, vous vous demandez si c’est une bonne idée. Vous vous questionnez sur l’impact que l’expatriation aura sur vos enfants, sur ce que cela va leur apporter… Je ne suis pas la plus impartiale, car je suis en couple avec un expatrié, et mère d’un enfant né à l’étranger. Selon moi, les enfants expatriés bénéficient de plusieurs avantages et je me félicite souvent de pouvoir offrir cette vie à ma fille.

L’expatriation n’est pas un mode de vie “parfait” – cela existe-t-il seulement ? Tout le monde n’a pas envie de partir vivre à l’étranger. Tout le monde ne peut pas se le permettre. Il y a tellement de contraintes qui s’imposent ! Il faut pouvoir trouver un nouvel emploi ou travailler à distance, il faut avoir les moyens de chercher un logement sur place, de déménager ses affaires, il faut réussir à supporter l’éloignement avec ses proches… pour ne citer que cela.  Ça ne peut pas convenir à tout le monde.

C’est très à la mode, de partir vivre à l’étranger, mais il ne faut pas voir ça comme un but en soi. Être expat, ce n’est ni mieux, ni moins bien : c’est juste différent. Une différence qui me convient pour l’instant, un choix que je me réjouis d’avoir fait. Mais ce n’est pas le seul mode de vie épanouissant.

Il est évident qu’un enfant n’a pas besoin de vivre à l’étranger pour être heureux, ouvert d’esprit ou encore bilingue. Il est même sûr que l’expatriation peut être une épreuve difficile à vivre pour certains enfants, qui doivent abandonner tous leurs repères, souvent sans avoir leur mot à dire. Néanmoins, dans la plupart des cas, je pense que cela est une expérience très positive pour les petits. C’est un mode de vie à part, qui a ses inconvénients, mais qui apporte aussi beaucoup d’avantages.

J’avais donc envie de vous parler des bénéfices qui s’offrent aux enfants expatriés. Ou du moins, de ce que l’expatriation a apporté à ma fille. J’ai un regard plus large sur la question, car mon compagnon est russe, arrivé en France quand il avait cinq ans. Son expérience m’aide à prendre du recul et à comprendre ce que vivent les enfants expatriés.

Bénéfices de l'expatriation pour les enfants

Les enfants expatriés savent s’ouvrir aux autres

Je pense que le premier avantage de l’expatriation pour un enfant, c’est l’ouverture d’esprit que cela lui apporte. C’est un peu délicat, d’arriver dans un nouveau pays : on n’est pas vraiment chez soi, il faut trouver sa place. On devient un étranger. L’enfant expatrié doit apprendre à s’intégrer à un nouveau pays, à embrasser de nouvelles coutumes – sans pour autant renier celles de ses parents. Personnellement, je suis très attachée à la culture, aux traditions avec lesquelles j’ai grandi. J’espère réussir à transmettre ces traditions à ma fille, et j’espère aussi qu’elle s’en créera de nouvelles dans le pays dans lequel elle va grandir.

Un enfant expat est amené à fréquenter des enfants de nationalités différentes. D’abord, les enfants “locaux” du pays dans lequel il vit, évidemment. Mais aussi d’autres enfants expatriés. Les expats ont souvent tendance à se serrer les coudes et à se fréquenter entre eux, comme les membres d’un “club secret”. C’est propre à chacun et ça dépend aussi de la destination choisie. Malte est un pays avec beaucoup d’expatriés de diverses nationalités, donc on n’a aucun mal à se rencontrer entre nous. Mais une famille russe tout juste installée au fin fond de la Bretagne aura sans doute plus de mal à trouver des “pairs”.

Quand elle était encore toute petite, j’ai commencé à emmener ma fille à un playgroup organisé par d’autres parents expatriés. C’était la seule française du groupe. Avec elle, il y avait des enfants belges, allemands, polonais, anglais, argentins, italiens et bien sûr, maltais. Elle a ensuite continué à fréquenter ces enfants à la crèche, puis les aurait suivis à l’école si nous comptions rester vivre à Malte. Grâce à cela, elle a réussi à comprendre très tôt qu’il existait plein de pays dans le monde, avec plein de langues différentes. Elle sait que nous, ses parents, parlons français et anglais, mais elle comprend sans souci que sa copine Ella parle néerlandais, et que son copain Noah, lui, parle italien. Pour elle, il est normal que différentes personnes parlent différentes langues, selon leurs origines.

C’est un concept difficile à saisir pour des petits d’à peine trois ans, mais les enfants expatriés le comprennent généralement sans problème, car c’est leur propre réalité. Selon moi, cela les rend plus attentifs à l’aspect culturel, et leur enseigne la tolérance. C’est normal, pour eux, toutes ces différences. Évidemment, on peut être ouvert et tolérant sans avoir jamais voyagé, mais je pense que cela s’acquiert plus facilement chez les enfants qui le vivent directement.

La vie des enfants expatriés

Ils aiment découvrir de nouveaux horizons

Les parents expats vont – normalement – passer beaucoup de temps à explorer leur nouveau pays. Généralement, quand on déménage à l’étranger par choix, on choisit un endroit qui nous attire et que l’on a envie de découvrir. On se retrouve donc à jouer les touristes très régulièrement, et c’est évidemment bénéfique pour les enfants. Ils vont voir du pays (littéralement), découvrir de nouvelles choses, partir en escapades, en apprendre plus sur la culture et l’histoire de leur nouveau chez-eux… L’effet nouveauté.

Au contraire, quand on a vécu toute sa vie au même endroit et que l’on connait déjà le coin par cœur, on a naturellement moins tendance à l’explorer ou à le faire découvrir à nos enfants. Ça devient routinier, ça manque d’intérêt. Je généralise, bien sûr, car il y a toujours des exceptions. Mais je pense malgré tout que l’expatriation nous pousse hors de nos retranchements et nous aide à nous ouvrir à de nouveaux horizons, en famille. Par exemple, mon compagnon, qui est arrivé en Bretagne lorsqu’il avait cinq ans, en connait d’avantage sur la région que moi, qui y suis née.

Nous avons une fille très curieuse, toujours enthousiaste à l’idée d’aller se promener, d’aller découvrir un endroit qu’elle ne connait pas encore. Peut-être qu’elle le serait tout autant si nous n’étions pas expatriés, mais j’aime à penser que cela a joué un rôle.

Ils sont bilingues

À moins de partir dans un pays francophone, l’apprentissage d’une seconde langue va s’imposer. Les jeunes enfants expatriés assimilent très rapidement un nouveau langage, c’est un véritable avantage pour eux. En quelques mois d’école, ils seront devenus bilingues, alors que leurs camarades mettront des années à apprendre – avec plus ou moins de succès – une seconde langue.

J’ai l’exemple parfait à la maison : mon compagnon a appris à parler français en quelques mois, à cinq ans. Maintenant, il parle et écrit le français aussi bien que vous et moi : à l’entendre, il est impossible de deviner que ce n’est pas sa langue maternelle. Et pourtant, c’était un alphabet complètement différent pour lui !

Avec notre fille, nous parlons français à la maison, car c’est ce qui nous semble le plus naturel. Par contre, elle est confrontée à l’anglais partout ailleurs : au playgroup, à la crèche, lors de diverses activités. Elle ne le parle pas encore couramment car ce ne sont que quelques heures ici et là, mais elle maîtrise déjà un bon vocabulaire anglais, et deviendra rapidement bilingue dès qu’elle commencera l’école à plein temps. D’après mon expérience et celle des autres parents, la langue étrangère ne pose jamais problème bien longtemps et est toujours assimilée très facilement. Les enfants expatriés deviennent bilingues sans effort, et parlent parfois jusqu’à trois langues ou plus si leurs parents sont de deux nationalités différentes !

La vie des enfants expatriés

Ils s’adaptent facilement

Je pense que l’expatriation apprend aux enfants à s’adapter plus facilement aux situations qui sortent de l’ordinaire. Les enfants expats sont habitués à beaucoup voyager – pour rendre visite à leur famille, mais aussi car leurs parents ont souvent un penchant pour le voyage. Ce sont généralement de très bons voyageurs. C’est en tout cas le cas de ma fille, qui adore prendre l’avion et qui sait faire preuve de patience dans les transports.

Certains enfants ont besoin de suivre une routine stricte et se retrouvent perdus si cela change. Les enfants expatriés ont souvent été habitués à plus de flexibilité, et arrivent à s’adapter si leur quotidien est bousculé – en voyage, lors d’un déménagement… Ça va de paire avec le mode de vie expat. Souvent, les personnes qui choisissent l’expatriation exercent des emplois assez flexibles : elles travaillent à leur compte, ou à distance via internet… Elles peuvent bouger, partir en vacances plus facilement. Elles bénéficient de plus de liberté dans le choix de leurs horaires et peuvent vivre “au jour le jour”, et en faire bénéficier leurs enfants.

Mon compagnon et moi sommes à notre compte : il gère sa propre boîte, et moi j’effectue des missions occasionnelles. Nous sommes libres de choisir notre emploi du temps. Si nous préférons travailler tard le soir pour profiter de notre après-midi, c’est possible. Si nous choisissons de travailler un dimanche, nous pouvons partir en vadrouille le lundi. Ça nous permet d’être très spontanés au quotidien, donc nous n’avons jamais eu de routine très stricte avec notre fille. Cela fait d’elle un enfant très facile à vivre, quasi imperturbable, même quand il faut se lever à trois heures du matin pour aller prendre l’avion.

Ce n’est bien sûr par le cas de tous les expatriés ! Certains exercent aussi des emplois conventionnels, avec des horaires de bureau classiques. Dans ce cas, les enfants ont un emploi du temps plus “rigide”, mais je pense qu’ils bénéficient malgré tout de meilleures facilités d’adaptation grâce à leur expérience d’expatrié(e) au sens large.

Bénéfices de l'expatriation pour les enfants

Ils font preuve d’autonomie

Enfin, un enfant expat fait souvent preuve d’une grande autonomie. Il n’a pas (ou peu) de famille proche à proximité. Ses parents ne sont pas toujours disponibles non plus, donc il doit apprendre à jouer seul, à s’occuper, à être gardé par des gens extérieurs à la famille. La distance avec les proches est un des plus gros inconvénients de l’expatriation, mais cela à au moins l’avantage de développer l’autonomie.

Les enfants scolarisés doivent aussi reconstruire leur cercle social et acquérir tout un tas de codes. Imaginez : demain, vous arrivez dans un pays que vous ne connaissez pas. Vous faites votre “rentrée” dans une nouvelle entreprise, dans laquelle les employés parlent une langue dont vous ne comprenez pas un seul mot. Vous ne savez même pas ce que votre patron attend de vous, car ses paroles sont un vrai charabia. C’est ce que vivent les enfants qui déménagent à l’étranger. Quel challenge ! Pourtant, ils s’en sortent à merveille, ils n’abandonnent pas, ils assimilent le langage et se font des amis très rapidement. Malgré une appréhension légitime au début, ils y vont tête haute et affrontent cette épreuve avec calme. Vous vous rendez compte de l’exploit que c’est, à leur échelle, et à quel point cela peut les aider à se construire et à forger leur personnalité ?

C’est certain : l’expatriation, ce n’est pas tout rose, et ce n’est pas pour tout le monde. Même quand on adore vivre à l’étranger, c’est parfois un challenge. J’ai d’ailleurs écrit un article sur l’expatriation quand on est parent, et les difficultés qui viennent avec. Mais si vous avez la chance de faire partie du club, vos enfants en bénéficieront. J’en suis convaincue suite à mon expérience. Ils auront plus de facilité à s’ouvrir aux autres et à s’adapter aux changements, feront preuve de curiosité et d’autonomie, et assimileront très facilement les langues étrangères.
Pensez-vous que l’expatriation a impacté vos enfants ? Si oui, de quelle manière ?
1 Partages
Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pourriez aussi aimer