À quoi ressemble le quotidien à Gozo ?

MON QUOTIDIEN À GOZO, UNE JOURNÉE AVEC MOI

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La majorité d’entre vous me lit, ou découvre mon blog, en cherchant des informations à propos de Malte. Et la question qui revient souvent dans les e-mails que vous m’envoyez, c’est à quoi ressemble mon quotidien à Gozo. C’est vrai que l’archipel maltais est un peu dépaysant quand on arrive de France. Il est parfois difficile d’imaginer à quoi ressemble le quotidien sur une île aussi petite que Gozo, qui fait 67 km2. Pour vous donner un comparatif, c’est 130 fois plus petit que la Corse.

La vie ici est assez différente de ce que l’on peut connaître en France. J’ai vécu dans la campagne bretonne profonde mais aussi dans le centre d’une grande ville. Ni l’un, ni l’autre ne ressemblent à mon quotidien à Gozo. Mais pour vous donner une idée plus précise, je vais vous raconter à quoi ressemble une de mes journées.

Une journée dans le quotidien de l'île de Gozo, à Malte.

7:00

Les coqs crient, les klaxons des vendeurs ambulants qui viennent livrer des bouteilles de gaz, du pain, des fruits et des légumes commencent à résonner. J’entends au loin la sirène des bateaux qui quittent le port. Je me réveille généralement vers 7 heures, parfois un peu plus tôt si je dois sortir.
Il fait déjà jour depuis un moment. Il n’y a pas de décalage horaire par rapport à la France. Comme nous sommes plus à l’est, le soleil se lève plus tôt chez nous. Trois cent jours par an, il brille déjà fort lorsque je pose le pied par terre. Si nous sommes quelque part entre Mai et Octobre, ma fenêtre est déjà ouverte. En vérité, elle n’a pas été fermée une seule fois en trois mois, car il fait toujours chaud, même la nuit.
Ma fille se lève en même temps que moi, parfois un peu après moi. Elle commence à s’occuper de nos deux chats, puis elle se met à jouer, pendant que je prépare son petit déjeuner. Si je fais des pancakes, elle vient m’aider.
Si j’ai le temps, je fais une séance de sport à la maison avant de nous préparer pour notre journée. Puis, on enfile sandales ou baskets, selon la saison, avant de quitter la maison. Je préfère les chaussures à talons, surtout les escarpins ou, en hiver, les bottes du style de ces cuissardes pour femme, mais j’ai dû les délaisser car elles ne se prêtent pas au quotidien à Gozo.
Deux fois par semaine, j’emmène ma fille à la crèche pour la matinée. Une fois par semaine, c’est Gleb qui s’en charge, et je reste seule à la maison plusieurs heures. C’est mon jour préféré car j’aime être seule pour travailler un peu dans le calme, écouter de la musique, lire des articles, mais surtout pour faire le rangement que je n’ai pas le temps de faire le reste de la semaine. Les mamans comprendront…

8:30

Si c’est mon jour de crèche, ma fille et moi prenons le bus en compagnie des personnes âgées qui partent faire leurs courses et des touristes qui viennent visiter Gozo. Le voyage est long : seulement 10 kilomètres séparent ma maison de la crèche de ma fille, mais le trajet en bus nous prend environ 1h30. Nous devons même effectuer un changement de bus pour arriver à bon port. C’est dans ces moments que je regrette de ne pas encore avoir passé mon permis…
Si c’est un jour sans crèche, je ne sors généralement pas. Je reste à la maison avec ma fille, je travaille un peu pendant qu’elle joue et je m’occupe d’elle, de la maison…

Le quotidien à Gozo, Malte.

10:00

Une fois ma fille déposée à la crèche, je me rends dans la “capitale” de Gozo, Victoria, et m’installe dans un café avec mon ordinateur pour travailler. En ce moment, mon endroit de prédilection est le bar 7ten. Je reste là trois heures environ, j’avance sur mon travail rapidement sans être dérangée. Puis, je pars faire quelques courses en ville avant d’aller récupérer ma fille.
Le périple bus recommence en sens inverse. Entre nos deux correspondances, nous allons manger une glace, ou faire un tour au parc s’il ne fait pas trop chaud. Puis, nous rentrons à la maison.

15:00

Une fois rentrée, je déjeune si je ne l’ai pas encore fait en ville, puis je me remets un peu au travail.
Si c’est l’été, j’attends la fin d’après-midi, pour que les températures soient moins élevées, et je prends parfois le chemin de la plage à pieds avec ma fille. Gozo est une île très vallonnée et les plages sont toujours situées en contrebas. Il faut beaucoup marcher pour les atteindre, et des côtes très raides nous attendent ensuite pour remonter chez nous. C’est difficile sous la chaleur, surtout avec un jeune enfant, mais ça vaut le coup. Les petites plages de Gozo sont magnifiques, et la mer à 27°C est plus qu’agréable.
Je vous avoue qu’en Juillet et Août, à moins d’avoir de la famille en visite à la maison, on a tendance à rester cloîtrés chez nous avec la clim car il fait beaucoup trop chaud pour marcher (le ressenti est proche de, ou surpasse, 40°C).
Si nous sommes en hiver, ou si la météo ne se prête pas à la plage, j’emmène plutôt ma fille au parc ou en balade. Ce n’est pas quelque chose que je fais tous les jours, seulement quand j’ai du temps, ou le week-end.

Sur le chemin, nous croisons des villageois assis devant leur porte pour “prendre l’air”, le pêcheur qui ramasse ses filets, le voisin qui promène son chien et les vieille femmes qui discutent (ou plutôt, crient) au milieu de la rue. Tout le monde nous dit bonjour, car même si nous ne savons pas tous qui ils sont, eux nous connaissent comme “le jeune couple de français avec la petite fille”.

Plusieurs fois par semaine, nous sortons faire des courses. C’est généralement Gleb qui s’en charge. Nous allons souvent à la petite épicerie locale, à côté de l’église de notre village. Tout y est beaucoup trop cher, les produits frais sont souvent périmés depuis longtemps, il faut parfois faire la queue pendant quinze minutes car la propriétaire de la boutique, qui tient la caisse, est en pleine discussion avec une petite vieille. Mais ça dépanne, et ça fait partie du folklore gozitain.
On achète souvent nos légumes ou notre pain au boulanger et maraîchers ambulants qui font le tour du village avec leur camion. Dès qu’on entend leur klaxon dans notre rue, on leur fait signe par la fenêtre avant de se précipiter dehors. Si personne ne vient, ils n’attendent jamais longtemps avant de repartir.
Et pour le reste, Victoria compte des supermarchés similaires à ceux que l’on peut trouver en France. En plus petits, toujours.

19:00

Le soir, on cuisine en famille au son des feux d’artifice, des cigales ou des orages, selon la période de l’année. Parfois, on va tout simplement chercher des plats à emporter au restaurant d’à côté. C’est un sacré avantage à Gozo ! Tu as beau vivre dans un petit village sans supermarché, tu trouveras toujours un bon restaurant dans les parages.
Comme le soleil se lève tôt, il se couche aussi tôt : l’été, il fait nuit avant 21h. L’hiver, vers 17h30.
Ma fille s’endort assez tôt, entre 19h30 et 20h00. Je peux alors me remettre à travailler quelques heures si j’ai un projet important en cours. Sinon, je regarde le soleil se coucher sur la mer – si ce n’est déjà fait – et je m’installe avec Gleb devant un film, une série, ou une émission.
Même si nous travaillons tous les deux depuis la maison, Gleb passe une bonne partie de la journée enfermé dans son bureau pour travailler dans le calme. Le soir, c’est le moment où on peut se retrouver tous les deux.

La vie au quotidien à Gozo.

Samedi et Dimanche

Le week-end, nos journées sont similaires, mais plus calmes. On travaille toujours un peu, mais beaucoup moins – quand on est à son compte, les congés n’existent pas vraiment. L’été, on part souvent passer une journée à la plage, avec un pique-nique. On loue des transats et des parasols sur place, et on s’installe là pour plusieurs heures. On aime aussi aller déjeuner au restaurant, avant d’emmener notre fille faire des activités manuelles, ou jouer au parc.
L’hiver, quand il pleut, on fait souvent des crêpes et on regarde des films tout l’après-midi.
On aime aussi se lancer dans des petits projets : fabriquer notre savon maison, cuisiner des choses un peu élaborées…

Souvent, en été, nous allons passer le début de soirée dans un pub que nous apprécions. Vu qu’il fait très chaud, les tables sont installées dans la rue. On emmène notre fille, on mange des pizzas sur place, et on écoute un groupe de rock jouer. Scarlett s’amuse devant l’église avec d’autres enfants. Comme Gozo est une île très touristique, l’atmosphère est décontractée, on a l’impression nous aussi d’être en vacances.


Si je devais comparer, je dirais que le quotidien à Gozo ressemble à la vie à la campagne, les grands espaces en moins, la mer et les touristes en plus. C’est une vie rurale, mais on a accès à tout ce que l’île peut nous offrir dans un rayon maximal de 10 km. C’est à la fois pratique et contraignant. Pratique, car je peux faire mes courses à pieds. Contraignant, car ça implique une proximité avec ses voisins. Les jardins sont rares ou très petits, car il n’y a pas assez de place pour cela. Ça me manque, moi qui ai grandi en Bretagne sur des grands terrains.

En résumé, notre quotidien à Gozo est calme, sans stress. Le climat, la mer, les paysages sont des avantages majeurs dans notre vie actuelle. Même si nous n’allons pas à la plage tous les jours, savoir que nous en avons la possibilité est très agréable.
Mais nous avons notre travail à côté, et le stress que cela génère. Nous devons aussi faire face à des contraintes liées à l’île : la petitesse de l’île, la longueur des trajets en bus, le manque d’activités… On s’ennuie souvent car les choses à faire sur l’île sont très limitées, surtout en hiver. C’est sûrement un des plus gros inconvénients.
Nous avons aussi des contraintes liées à la distance avec nos familles. Nous ne pouvons pas laisser notre fille à ses grands-parents pour le week-end, ou demander à un proche de venir la récupérer après la crèche. Mais on s’adapte. Je pense que ça fait de nous une famille très soudée, car nous sommes habitués à tout faire ensemble.

Comment imaginiez-vous le quotidien à Gozo ? Aimeriez-vous mener ce style de vie ?

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8 commentaires
  1. Alas I cannot write enfrancis! But you have made me read in French! I love your discription of the early mornings! My mother lives in Gharsi and has lived on the island over 18 years. Quiet it is not! But I love Gozo if I’m not being bombed by fireworks or ruddy cannons thank you for reminding me on this dull damp winters day in England.

    1. Hi ! I’m so happy I’ve made you read in French, I hope it’s not too complicated as I know this is a difficult language to learn for foreigners. I used to translate all my posts in English, but I stopped a while ago because it was very time-consuming. And since I write very long posts most of the time, it was a bit too much. But I’m happy to see that despite that, I still have english-speaking readers !
      Ahahah, gotta love fireworks, right ?!
      If it makes you feel any better, today is also a dull and damp day here in Gozo… 😉
      Thank you again for your lovely comment.

  2. Super article, j’adore lire le quotidien des autres c’est tellement enrichissant.
    Vous n’aviez pas le projet de quitter l’île?
    Je vous souhaite beaucoup de bonheur.

    1. Merci beaucoup, je suis contente que ça te plaise !
      Si, c’est toujours au programme, juste repoussé à cause d’autres contraintes/priorités. J’espère pour début 2020 mais je n’ai pas de date vraiment précise pour l’instant, en tout cas ça va venir vite. 🙂

  3. Sympa de découvrir votre quotidien, on s’y croirait presque !
    Cela faisait un petit temps que je ne consultais plus que ton profil Instagram, mais tes stories sur le SEO/rapport blogs-Instagram m’ont donné envie de revenir par ici.
    Bonne continuation !

  4. Salut tout d’abord très bel article super bien écrit on se sent vraiment dans ton quotidien..
    D’une autre part je ne veux pas faire le rabat joie mais pourrais tu enfin nous dire quel est votre destination future car ce n’est plus un teaser la..j’avoue que depuis le temps tu nous doit bien la réponse d’accord c’est repoussé mais la ca va faire un an depuis que tu as annoncé votre dernier été à Gozo,l’inscription de la petite à l’école dans un autre pays..bref j’en passe un peu je trouve pas ça cool envers nous même si il y a eu des contretemps nous y sommes pour rien désolé mais je suis honnête charlotte tu nous doit la vérité!

    1. Bonjour Adrien, merci pour le compliment, je suis contente que l’article t’ait plu.
      Mais je suis un peu perplexe quant à la suite de ton commentaire. C’est bizarre d’être autant impliqué dans le déménagement d’une inconnue… Apparemment tu lis mon blog et tu regardes mes stories Instagram, et pourtant c’est la première fois que tu me laisses un message. Je ne sais pas pourquoi la destination de mon déménagement a tant d’importance pour toi ? Ça ne va pourtant rien changer à ta vie ?
      Je ne dois rien à personne, en vérité. Cette information ne concerne que moi et ma famille pour l’instant. C’est du ressort de ma vie privée, et j’ai le droit d’en parler – ou non – quand je le souhaite. Seuls mes proches et certains amis sont au courant, et je ne vois pas pourquoi des tas d’inconnus devraient l’être aussi alors que ce n’est pas encore concret. Ce n’est même pas intéressant, je ne pars pas monter une colonie sur Mars… je déménage juste, des tas de gens le font tous les jours. Ce n’est pas un secret, dès que nous aurons cherché et trouvé un logement sur place, j’en parlerai sans aucun problème. Certaines personnes qui me suivent depuis longtemps sont venues me demander gentiment en message privé, et je leur ai dit. Essaye-ça, la prochaine fois…
      Je n’aurais peut-être pas dû annoncer mon déménagement aussi tôt, mais je ne voulais pas mentir en faisant croire qu’on comptait rester vivre à Malte. Ça aurait été hypocrite d’écrire dans mes articles que Gozo n’a aucun inconvénient, que je souhaitais faire ma vie sur l’île, alors que ce n’est pas le cas. Sache que je suis la première emmerdée d’avoir à repousser mon départ, j’ai hâte de partir depuis des mois, mais pour l’instant je dois prendre mon mal en patience.
      En résumé, j’espère que ton commentaire était sarcastique, j’espère que tu trolles, car je ne fais pas ça pour embêter quiconque, et encore moins pour “faire du teasing”. Désolée, mais si je n’ai pas envie d’en parler sur mon blog pour l’instant, c’est mon droit.

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